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Matisse, La Japonaise au bord de l'eau : le fauvisme en un tableau

Un petit tableau, à peine plus grand qu'une feuille de papier, peut parfois raconter la naissance de tout un mouvement artistique. C'est le cas de La Japonaise au bord de l'eau, peinte par Henri Matisse durant l'été 1905 à Collioure — une œuvre modeste par la taille, mais radicale par ce qu'elle annonce : la fin de la couleur au service du réalisme, et le début de la couleur comme pure expression.

Nous vous proposons ici un parcours simple pour comprendre le contexte de cette œuvre, ce qui la rend si particulière, et pourquoi elle occupe une place à part dans le parcours de Matisse.

Le contexte : l'été 1905 à Collioure

En 1905, Matisse s'installe pour l'été à Collioure, petit port catalan du sud de la France, en compagnie du peintre André Derain. Ensemble, ils peignent une série de toiles où la couleur est appliquée pure, sans souci de fidélité au réel — une ombre peut devenir verte, un visage peut se construire en touches de bleu et de rouge. Ces expérimentations, montrées à l'automne 1905 au Salon d'automne à Paris, choquent la critique au point qu'un journaliste qualifie la salle d'exposition de « cage aux fauves ». Le nom, pensé comme une moquerie, donne naissance au terme « fauvisme ».

La Japonaise au bord de l'eau appartient directement à ce corpus fondateur de l'été 1905, aux côtés d'œuvres comme Paysage à Collioure — que nous racontons plus en détail dans notre article sur Matisse et la naissance du fauvisme à Collioure.

Que montre le tableau ?

La composition représente une femme vue de profil, vêtue d'un kimono, debout au bord de l'eau dans un paysage de collines colorées. Le titre fait référence au vêtement porté par la figure plutôt qu'à une scène se déroulant au Japon — un clin d'œil au goût très prononcé de l'époque pour le japonisme, cette fascination des artistes occidentaux pour l'art et l'esthétique japonaise, très présente dans l'art français depuis les impressionnistes.

Ce qui frappe surtout, c'est la manière dont Matisse construit la silhouette : plutôt que de peindre un contour fermé, il laisse le fond de la toile — la couleur crème du support — apparaître par endroits, et cerne la figure de touches de bleu profond qui serpentent comme des arabesques. Le kimono n'est pas décrit par le détail de son motif, mais suggéré par quelques traits de couleur pure, dans un geste presque calligraphique. Autour de la figure, le paysage se dissout en larges touches de vert, orange, rose et rouge, sans transition ni dégradé — la marque de fabrique du fauvisme naissant.

Pourquoi cette œuvre compte-t-elle autant pour comprendre Matisse ?

Ce tableau est souvent cité par les historiens de l'art comme un point de bascule technique : Matisse y expérimente une manière de construire une figure par la couleur seule, sans dessin préalable qui contiendrait la forme. C'est une méthode qu'il va approfondir toute sa vie, jusqu'à ses papiers découpés de la fin de sa carrière, où la forme et la couleur ne font plus qu'un, découpées directement dans le papier peint à la gouache plutôt que dessinées puis coloriées.

La Japonaise au bord de l'eau est donc une sorte de laboratoire miniature, où l'on peut déjà voir les prémices de ce que Matisse développera pendant les cinquante années suivantes de sa carrière.

Comment reconnaître le style de Matisse ?

Quelques caractéristiques permettent de repérer immédiatement une œuvre de Matisse de cette période :

  • Des couleurs pures et contrastées, posées en aplats ou en touches franches plutôt que mélangées ou nuancées.
  • Un contour souvent suggéré plutôt que fermé, laissant parfois le support transparaître entre les touches de couleur.
  • Une ligne fluide et rapide, qui rappelle son goût pour le dessin même dans ses œuvres les plus colorées.
  • Une influence du japonisme, visible dans le choix de certains sujets (kimonos, éventails) et dans une certaine économie de moyens graphiques héritée de l'estampe japonaise.

Les questions qu'on se pose souvent sur cette œuvre

Où se trouve La Japonaise au bord de l'eau de Matisse ? Cette toile de 1905 est conservée dans les collections du Museum of Modern Art (MoMA) à New York.

Pourquoi Matisse a-t-il peint une femme en kimono à Collioure ? Le sujet reflète le goût très répandu à l'époque pour le japonisme, l'engouement des artistes occidentaux pour l'esthétique japonaise, plutôt qu'un lien direct avec un voyage ou un séjour au Japon. Matisse combine ce sujet avec le décor bien réel de la côte de Collioure, où il séjourne cet été-là.

Quelle est la différence entre cette œuvre et Paysage à Collioure ? Les deux toiles sont peintes durant le même été 1905 et partagent le même vocabulaire de couleurs pures et de touches franches. Paysage à Collioure se concentre sur le paysage seul, tandis que La Japonaise au bord de l'eau y intègre une figure humaine, ce qui permet à Matisse d'expérimenter sa méthode de construction colorée à la fois sur un décor et sur un corps.

Quelle est l'œuvre la plus connue de Matisse ? La Danse (1909-1910) et les papiers découpés de la série Jazz restent les plus reproduits, mais les toiles de l'été 1905 à Collioure, dont La Japonaise au bord de l'eau, sont considérées par les historiens comme le véritable point de départ de tout son travail ultérieur sur la couleur.

Pour ceux qui souhaitent cette œuvre chez eux

Où trouver une affiche de La Japonaise au bord de l'eau ? Gustave propose une reproduction de cette œuvre en deux options (avec ou sans texte) en haute qualité, disponible seule ou déjà encadrée et prête à poser.

Cette affiche convient-elle à toutes les décorations ? Sa palette multicolore et vive (vert, orange, rose, bleu profond) en fait une pièce assez affirmée, idéale comme point focal d'un salon ou d'une entrée plutôt qu'en complément discret. Elle se marie particulièrement bien avec d'autres pièces de la période fauve de Matisse, comme The Terrace, St. Tropez, pour composer un mur cohérent autour de cette période de sa carrière — à découvrir dans notre article sur Matisse à Collioure.

Existe-t-il d'autres œuvres de Matisse disponibles chez Gustave ? Oui, retrouvez l'ensemble de la collection Henri Matisse de Gustave pour découvrir d'autres reproductions, des débuts fauves aux papiers découpés tardifs.

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